Light Years Away...

Musique ---> Athlete - Street Map

Citation ---> "Le temps prend tout, qu'on le veuille ou non, le temps prend tout. Le temps emporte tout, et à la fin, il n'y a que l'obscurité. Parfois, on trouve d'autres personnes dans cette obscurité et parfois, c'est là qu'on les perd à nouveau" - Stephen King

Coup de Coeur ---> x-Dont-Leave-Me



"_Aujourd'hui, j'ai revu ma cousine pour la première fois depuis une dizaine d'années. Je l'ai à peine reconnue. Pourtant, on a grandi ensemble. On habitait dans deux maisons mitoyennes, vos parents et moi on était beaucoup plus âgés que nos cousins d'à côté, mais on a toujours été là pour eux, on était leurs grands cousins, leurs modèles. On était très proches. Un peu comme vous deux. Et vous voyez, aujourd'hui Olivia et moi, on ne s'est pas reconnus...

_ Mais nous, on gardera contact.

_ C'est pas si simple, Julie. La vie passe, les enfants grandissent et s'en vont. Ils ont d'autres priorités, la famille, le travail."



oOo




"_On va passer tout ça, la vie continuera, et nous aussi.

_ Promis ?

_ Promis."




oOo




Imaginer ma vie sans Julie, ce jour-là, m'était impossible. Parmi 10 cousins et cousines, Elle était laur, Elle était l'amie. Elle était tout. Depuis toutes petites, on entretenait une relation fusionnelle, toujours ensemble, partout et pour tout. Deux ans de différence. Mais jamais plus de deux mètres entre nous. Alors imaginez le choc en écoutant mon parrain, ce soir-là. Julie et moi, on était bouleversées, on n'y croyait pas, on ne voulait pas y croire. Et pourtant, ce 1er Mai 2008, à respectivement 16 et 18 ans, et têtues comme on était, Julie et moi, on était bien loin d'imaginer que notre oncle avait raison.
Ma
is la vie continue.
L
es années passent.
Et
les promesses s'envolent.



Cette histoire, je la crée, tout simplement parce que je ne veux pas qu'elle arrive. Bizarre hein ? Pas tellement. Il y a quelques semaines, à la communion de mon petit frère, j'ai eu une discussion avec mon parrain, qui nous a prédit, à ma cousine et moi, que dans quelques années, on ne se reverrait plus. C'est ce qui lui arrive à lui. Je ne veux pas que ça se passe comme ça pour Julie et moi. C'est impossible, ça ne peut pas se passer comme ça. Mais je sais qu'il n'a pas tort, la vie passe, les choses changent. Alors j'écris pour me rappeler que Julie est une personne très importante pour moi, la plus importante peut-être. Ma cousine, ma s½ur, ma meilleure amie. J'écris pour un jour, si jamais la vie nous rattrape, me souvenir que cette cousine a souvent été ma seule raison de continuer à espérer, pour me souvenir que jamais, jamais je ne pourrai vivre sans elle.
J'éc
ris pour elle.
J'é
cris pour nous.




Sophia Bush as Julie
Hilarie Burton as Chloé



Et d'autres...



J'ai 10 cousins et cousines, et ils apparaîtront forcément dans cette histoire, ainsi que mes deux petits frères. Je sais pas si je mettrai des acteurs pour leurs rôles, sachant que je tiens à garder les prénoms, ce serait un peu casse-tête. Mais pour information, je vous parle de mes cousins.


Du côté maternel => Pauline, 21 ans
Ju
lie, 16 ans
Jo
ris, 16 ans (frère de Pauline)
Ma
non, 14 ans (soeur de Julie)
o, 12 ans
Clément, 10 ans (fre de Julie et Manon)
Mar
gaux, 9 ans (soeur de Léo)
To
m, 4 ans (frère de Léo et Margaux)

Du côté paternel => Kévin, 19 ans
Maël
le, 15 ans (soeur de Kévin)


J'ai deux petits frères que j'aime énormément et avec qui je m'entends parfaitement bien. Quelle chance !^^
Baptiste, 15 ans
Mat
thias, 12 ans


Voi
là, vous savez tout pour mes cousins, j'en reparlerai dans l'histoire, obligatoirement. De mes amis sûrement aussi. Je vous les présenterai plus tard. Sinon, c'est trop de choses en même temps.






Une histoire qui me tient vraiment àur, étant donque les phrases ci-dessus, je les entendues, mot pour mot, à quelque chose près, de la bouche de mon parrain. Ma cousine était près de moi. Ce qu'il nous a dit nous a fait ts mal, mais nous a aussi fait réaliser que la vie passe, et qu'on ne la voit pas passer. Dans cette histoire, je vais imaginer ce que pourrait être notre futur, à ma cousine et à moi, en tenant compte de cette discussion. Voipourquoi tout ça me tient à c½ur, et j'espère que vous apprécierez. Vraiment. Parce que tout le monde est concerné.
P
arce que tout le monde part un jour.



© Chloé







# Postato lunedì 19 maggio 2008 07:59

Modificato sabato 29 novembre 2008 08:33

1er Mai 2008

1er Mai 2008
Musique -->Come Undone, by Jackson Waters
Citation -->Ne regardez pas en arrière et ne pleurez pas sur le passé, car il est passé et ne vous en faîtes pas pour le futur, car il n'est pas encore arrivé. Vivez dans le présent, et faites-en quelque chose de magnifique qui vaille la peine qu'on s'en rappelle. Ida Scott Taylor
Coup de Coeur -->Time-Wont-Let-Him-Go


Crozon. Petite ville de la presqu'île Finistérienne, le 1er mai 2008. Le jour se lève, avec le soleil. Et oui, le soleil existe en Bretagne, détrompez-vous. La petite maison au bout du chemin de terre était dans un état pitoyable. De l'extérieur, tout semblait calme et serein. A l'intérieur, des bouteilles d'alcool jonchaient le sol, ainsi que des verres en plastique ; le chat mangeait le reste de gâteau dans le plat, et dans l'entrée, un crapaud avait trouvé la mort, écrasé. A l'étage, 5 jeunes étaient étendus sur les lits, la bouche ouverte, emmitouflés dans leurs sacs de couchage. Une jeune fille aux longs et bouclés cheveux bruns se leva brusquement et courut dans la pièce à côté, et sauta sur un lit où dormait une jeune blonde. Moi.

_ Chloé ! Chloé, il est 9h55 !
_ Hein ?! Quoi ?! Tu te fous de moi ?!
_ Non ! Allez, grouille !
_ Putain, Marie ! J'ai même pas entendu mon réveil, merde !
_ Bin, dépêche !
_ Mais...Marie putain, apprends à lire. Il est 8h55. Tu m'as foutu les boules !
_ Oh la vache...Pardon. Mais bon, lève-toi quand même. Ton père arrive dans une heure.


Marie retourna se coucher, et je me levai précipitamment. C'était la communion de mon frère, Matthias. Je tanguais encore en descendant l'escalier. La soirée de la veille avait été assez arrosée. Très arrosée, même. Maintenant qu'on était tous en études aux quatre coins de la France, les moments où l'on se retrouvait tous ensemble chez nous, tous les cinq, se faisaient rares, et il fallait les fêter raisonnablement. Une heure après, j'étais quasiment prête. Quasiment. Je courais dans tous les sens, manquant de trébucher à chaque pas, sous le regard amusé de mes amis, affalés dans le canapé. Marie m'avait aidée à régler les bretelles de mon haut, et analysait ma poitrine, le sourire aux lèvres.

_ La vache, Chloé, ça te fait des seins à la Louis XIV !
_ Parce que Louis XIV avait des seins ?!
_ Mais non, mais...Enfin tu sais, les femmes, à cette époque avec leurs corsets elles avaient les seins bombés. Bin voilà. T'as des supers seins, là. Dommage que ce soit une fête de famille. Laura, regarde!
_ Montre, Chloé ! Arrff, moi je trouve pas !
_ Vas-y montre ! Ah non, c'est bien...
_ Merci François. C'est bon, vous avez fini ?
_ Ouais ! En tout cas, on dirait une déesse Athénienne.
_ Vous êtes lourds ! Et qui a écrasé un crapaud hier ?
_ François et Delphine !
_ Ouais, je voulais refermer la porte, et je sentais que ça bloquait mais je voyais pas pourquoi...Alors j'ai tiré un grand coup...Et j'ai tué un crapaud.
_ Sympa. Ah ! Mon père est là ! Je dois y aller ! See you plus tard les gens !
_ Tu nous appelles, hein ? On se revoit plus avant juillet-août là...
_ Ouais, je sais...Pas bon. MSN Power comme on dit.
_ Ouais. Mais nous, on se voit avant hein ?
_ Oui, oui on se voit avant ! Allez, je dois y aller ! Je t'aime, les gens !


Je sortis de la maison, et courut jusqu'à la voiture. A peine montée, mon père démarra en trombe. De multiples sentiments se battaient en moi sur la route du retour. Nostalgie, mélancolie, tristesse, manque. Ne plus voir mes amis pendant quelques mois. Mais aussi, hâte et excitation. Revoir ma famille au complet. En arrivant à Dinéault, village de mon enfance et Pays du Soleil (Dinéault en français, Dineol en breton : Din pour colline et Eol pour soleil), le sourire éclairait de nouveau mon visage. Mon père se gara sur le parking de l'église, et j'aperçus mon frère dans son aube blanche. Les souvenirs de ma propre communion remontèrent, et me firent sourire. 7 ans déjà. Mes oncles, tantes, cousins et grands-parents étaient tous là. Tous en beauté. Sauf une. Comme d'habitude. J'avançai rapidement vers eux, et faisais la bise à tous, prenant le soin de terminer par une petite brune aux grands yeux d'un marron pétillant.

_ Woua, Chloé, quelle femme !
_ Merci, Julie. Tu comprendras que je ne te retourne pas le compliment.
_ Tout à fait. Mais je reste fidèle à moi-même, moi.
_ Ecoute, petite fille, j'ai 18 ans, il faut que je devienne une femme.
_ Genre. Pour moi, tu seras toujours une grande nunuche qui pleure devant La Petite Princesse, une grande dadette qui joue à S Club 7 dans les chambres chez Mamie et qui veut absolument être Rachel, sinon, elle ne joue pas ; une écervelée qui essaie désespérément de faire sa choré sur les Spice Girls au spectacle de Noël chez Mamie, la peureuse qui se cache derrière le canapé parce qu'elle veut pas voir Rose qui se suicide dans Titanic, alors qu'elle connaît le film par c½ur et qu'elle sait très bien qu'elle ne va pas tomber, et j'en passe et des meilleures...
_ Tu m'en diras tant...Sache que dans toutes ces activités, tu étais toujours la première à m'accompagner.
_ Tu me forçais la main, c'est tout.
_ Oh. Je vois. Bon, Mademoiselle Julie... Ooh j'adore t'appeler comme ça, ça me fait penser à Casimir et le Gloubiboulga...Bref, Julie, nous entrons dans la demeure du Seigneur, garde tes allusions infantiles pour toi.
_ C'est toi qui me parle de Casimir, en fait.
_ Je veux du Coca. Punaise Blaise, il faut que je boive du Coca.
_ T'as bu combien encore toi cette nuit ? Tu m'as appelée pendant au moins 45 minutes, et j'ai absolument rien compris !
_ Je t'ai appelée ?
_ Okay, c'est pas grave. Allez, c'est parti pour deux heures de folie.


L'assemblée entonna le chant d'ouverture, et le prêtre commença les prières. Je ne peux pas vraiment vous en dire plus, étant donné que Julie et moi avons passé les deux heures de messe à discuter, subissant de temps en temps les regards noirs des parents. Nous avons chanté juste une chanson, la chanson qui nous faisait mourir de rire dans le film Nos Jours Heureux. Au final, la messe passa assez vite. La journée se poursuivit par l'apéritif, puis le repas qui bien sûr, s'éternisa. Julie et moi avons passé la journée ensemble, en compagnie de nos autres cousins et cousines. Enfin, plus en compagnie de Manon et de Tom, le petit dernier. Les autres, n'avaient jamais vraiment été avec nous. Quand nous étions toutes les deux, il était difficile de s'incruster. Manon avait plus ou moins réussi à le faire, seulement parce qu'elle était la s½ur de Julie et qu'elle nous connaissait bien. Pendant le repas, nous avions rebaptisé nos seins. Les miens étaient devenus Louis et Mazarin, ceux de Julie Dine et Ol. Joris nous avait pourtant conseillé Tume et Tone, mais notre intuition avait eu raison de lui. Le soir, nous eûmes un moment privilégié, avec Julie, à nous promener dans le village, regardant le ciel étoilé, la chanson Come Undone nous parvenant aux oreilles. C'était un moment magique, où nous n'étions que toutes les deux dans la nuit noire. Nous nous sommes allongées au milieu de la route, le mp3 entre nous deux, et nous avons regardé le ciel. Les étoiles. Le ciel était sans nuages, et il n'y avait pas de vent. Juste deux jeunes filles, une petite brune et une grande blonde étendues sur la chaussée, côte à côte. Le bruit d'une voiture nous parvint aux oreilles, et nous nous relevâmes, retrouvant avec difficulté la réalité. Dans la salle, les parents, un peu pompette, étaient en pleine discussion.

_ C'est fou ça ! Je l'ai à peine reconnue ! Gwenn, Alex et Yves, on les voit assez souvent, mais Olivia...
_ C'est son choix, Ronan, et puis Tante Danny n'arrange pas les choses. Venez, les filles, si vous voulez !


La conversation m'intéressait, pour une fois. Olivia, Gwenn, Yves et Alex étaient les cousins et cousines de ma mère et mon parrain. C'est vrai qu'on ne voyait pas souvent Olivia. Je fis signe à Julie et Manon, qui était là, de me suivre à la table des parents. Ronan, mon parrain, nous regarda nous asseoir, les yeux humides.

_Aujourd'hui, j'ai revu ma cousine pour la première fois depuis une dizaine d'années. Je l'ai à peine reconnue. Pourtant, on a grandi ensemble. On habitait dans deux maisons mitoyennes, vos parents et moi on était beaucoup plus âgés que nos cousins d'à côté, mais on a toujours été là pour eux, on était leurs grands cousins, leurs modèles. On était très proches. Un peu comme vous deux. Et vous voyez, aujourd'hui Olivia et moi, on ne s'est pas reconnus...
_ Mais nous, on gardera contact.
_ C'est pas si simple, Julie. La vie passe, les enfants grandissent et s'en vont. Ils ont d'autres priorités, la famille, le travail. La relation fusionnelle que vous avez toutes les deux depuis toutes petites, dans à peine dix ans, ça ne sera qu'un souvenir. Les fêtes de familles, les Noël chez Mamie...Tout ça n'existera plus que dans votre mémoire les filles. Regardez, Pauline, elle n'est déjà presque plus là.
_ Comment tu peux leur dire ça, Ronan ? Si elles veulent se revoir, elles se reverront. Laisse-les grandir, et gérer leur relation comme elles le sentent.
_ Je suis désolé, Gérard, mais c'est la vérité. Tu les vois encore tes cousins, toi ? Chloé est déjà en études, dans 5 ans, au mieux elle est à Paris, au pire pour nous, mais au mieux pour elle, elle est aux Etats-Unis. Julie, dans 2 ans elle a le bac, et après, elle va où ? On a toujours dit qu'elles étaient trop proches, elles vont tomber de haut. Elles ont 16 et 18 ans, elles sont encore des enfants. Bientôt, Chloé sera plus là, faudra t'y faire Julie.
_ Pourquoi vous pleurez ? Vous vous doutiez pas que ça finirait comme ça ? Chloé...
_ J'y avais jamais pensé...
_ C'est pas pour vous foutre le blues que je dis ça, regardez, vous me faites pleurer aussi, mais c'est comme ça, et bientôt, vous vous apercevrez que Parrain/Tonton avait raison. La vie continue.


Les larmes embuaient mes yeux, je ne contrôlais plus rien. Je n'aimais pas pleurer devant mes proches, mais je n'avais pas pu empêcher les larmes de couler. Ma mère, mon parrain et ma tante étaient aussi chamboulés, les larmes aux yeux. Je voyais Manon, la tête baissée, tenter de sécher ses larmes disctement, et je sentais que Julie était dans un était semblable au mien. Mon c½ur était déchiré. Jamais je n'avais pen à tout ça. Pour moi, les fêtes chez Mamie, les fêtes de famille, c'était éternel, ça durerait à l'infini. En y réfléchissant, bien sûr que ça n'allait pas être le cas. Notre grand-re, de toute façon, n'était pas éternelle. Notre enfance non plus. Mais ça faisait tellement mal d'y penser. Notre oncle nous avait ouvert les yeux sur quelque chose qu'on aurait préféré ne jamais voir. Rester dans l'illusion, plutôt que d'affronter la vérité. Rester dans l'enfance plutôt que d'affronter la vie. Le retour chez Mamie se fit dans le silence. Pas un mot ne fut prononcé, pas même entre Julie et moi. Ce ne fut qu'une fois couchées que je rompis le silence.

_ Je serai toujours là, on continuera à se voir. Je te le promets, Julie. On peut pas nier ce qu'on est, depuis toujours on est ensemble, tout le temps. J'ai toujours mes cahiers de vacances, tu sais, que j'écrivais avant. L'autre jour, j'ai lu celui de l'été de mes 5 ans. Je racontais que j'étais arrivée chez Mamie, et que tu m'avais sauté dans les bras. J'avais 5 ans, t'en avais 3. Tout ça, ça fait plus de 13 ans, et ça a pas changé. Et ça changera pas.
_ Coûte que coûte, les cousines d'abord !
_ Julie, tu regardes trop Les Frères Scott, mais certes, certes...
_ Y'a pas une autre citation des Frères Scott qui te trotte dans la tête depuis ce que Ronan a dit ?
_ Bien sûr que si. Mais je préfère ne pas y penser... On va passer tout ça, la vie continuera, et nous aussi.
_ Promis ?
_ Promis.
_ Alors d'accord. Bonne nuit ma Chloesh ! Bonne nuit à Louis et son cardinal également...
_ Je renvoie le compliment à Dine et Ol ! Hey, Julie...
_ Quoi ?
_ Leyton Forever...
_ Fuck, ma puce. Brucas en force.
_ Cause toujours.


Je me retournai dans mon lit, le sourire aux lèvres. Non, nous n'étions pas toujours d'accord sur tout. Mais Julie était ma cousine. Mieux, elle était la s½ur que je n'avais pas. Elle était tout. Je me tournai dans tous les sens sans pouvoir trouver le sommeil. Les paroles de mon parrain me trottaient dans la tête. Pauline était déjà presque partie. Je m'entendais très bien aussi avec elle, mais elle n'était plus très souvent parmi nous. Et le petit Tom, il avait 4 ans. Quand il en aurait 10, beaucoup de cousins manqueraient à l'appel des fêtes de famille, études ou autre obligent. A cet instant, jealisais que la vie avait passé beaucoup trop vite, je repensais à mes amis, que je ne voyais plus très souvent, à Julie et moi, que la vie séparerait. A l'époque, cela me paraissait impensable de vivre sans Julie. Seulement aujourd'hui, avec des années de recul, je me rends compte qu'il faudrait écouter les adultes plus souvent. Ils savent. Ils ont raison. Malgré tout l'amour du monde, ils ont raison. Ils parlent en connaissance de cause. La vie passe. Les enfants grandissent et s'en vont. Et les promesses s'envolent avec eux.



Première scène assez longue, mais je voulais pas couper. Cette journée s'est vraiment passée comme ça, à quelques mots près, alors je voulais la retranscrire telle qu'elle s'était passée. J'espère que le début vous inspire...^^
Voilà alors, la fameuse discussion...Vous auriez dû nous voir, à tous pleurer...
Lâchez-vous sur vos impressions...
JE NE PREVIENDRAI QUE CELLES ET CEUX QUI LAISSENT UN COM SUR LE DERNIER ARTICLE EN LIGNE



© Chloé

# Postato mercoledì 21 maggio 2008 09:34

Modificato martedì 12 agosto 2008 20:02

Ten Years After

Ten Years After
Musique --> Sweet And Low - Augustana
Citation --> Le bonheur se manifeste sous de nombreuses formes : dans la compagnie de bons amis, dans ce qu'on ressent lorsqu'on réalise le rêve de quelqu'un ou dans la promesse d'un nouvel espoir.
On a le droit d'être heureux parce qu'on ne sait jamais à quel point ce bonheur peut être passager.
Coup de Coeur --> Voice-Of-Lost-Souls



Lundi 15 Septembre. Un grand bâtiment de pierre blanche s'élève dans le ciel bleu, éblouissant les regards. Tout autour, de l'herbe, des fontaines. Et là, parsemés, des jeunes. Il y a des grands, et des plus petits. Des looks différents, pour des mentalités différentes. Un lycée comme un autre. Soudain, la sonnerie retentit, couvrant les rires et les souvenirs d'été. Les élèves sourient tristement et, à contre-coeur, pénètrent dans le bâtiment. Leurs yeux, agressés par la différence de lumière, se plissent, puis doucement, se réhabituent. Les élèves se dirigent vers leurs salles de classe. Je suis adossée au mur, près de la salle des professeurs. Je souris. J'ai toujours adoré la rentrée des classes. Nouveaux cahiers, nouveaux crayons, nouveaux emplois du temps, nouveaux voisins de classe, nouveaux professeurs. L'odeur du neuf. On prend de nouvelles résolutions, celles de travailler dur pour être dans le Top 5, celles d'éviter les embrouilles...Et au final, on n'en tient aucune. Mais on en fait, c'est comme ça. Alors que le hall se vide lentement, je prends mon sac et me dirige vers la classe de Français. Des élèves sont déjà assis, et me regardent entrer, le sourire aux lèvres.

_ Bonjour à tous, je suis Mlle Lihy, votre professeur de Français. Certains d'entre vous me connaissent déjà, mais à titre d'information pour les nouveaux, je suis Française et j'ai suivi des études d'orthophonie en France. La langue française n'a donc aucun secret pour moi.

Je souris à pleines dents, voyant les regards apeurés et stressés des nouveaux, et ceux plus confiants et rieurs de mes anciens élèves.

_ You probably didn't understand any of this. So. Good morning everybody, I'm Miss Lihy, your French teacher. Some of you already know me, but to inform the new ones, I'm French and I followed studies of speech therapy in France. So, French language doesn't have any secret for me. We are gonna begin easily. Like " Good morning ", and how present ourselves. Here we go ?


Les élèves se regardent, étonnés, mais de petits sourires timides se dessinent sur leur visage. Je sais que j'ai gagné. C'est parti pour une nouvelle année. Pour la troisième année dans ce lycée. Pour la sixième année aux Etats-Unis.
Quelqu
es heures plus tard, je rentre (enfin) à la maison, après une longue et éprouvante journée. J'allume la chaîne dans laquelle est resté un vieil album de The Honorary Title, m'affale sur le canapé comme à mon habitude, et enlève mes chaussures. C'est dans ces moments-là, quand Mathew et Anna ne sont pas rentrés, que je peux me laisser aller et réfléchir. Les yeux fermés, je laisse mon esprit voguer un peu partout, s'élever. Nous sommes le 15 Septembre 2018. Tiens, le 15 Septembre, c'est l'anniversaire d'Alice, une amie de lycée. Elle a eu 29 ans aujourd'hui. Qu'est-ce qu'elle devient ? Une bonne dizaine d'années que je ne l'ai pas vue. Après mes études d'orthophonie, j'ai débarqué ici, avec dans le coeur une envie de liberté, une envie d'oublier, pour tout recommencer. Une nouvelle vie, à Philadelphie qui me plaît énormément. Mon métier est fabuleux, je ne regrette rien. La France me manque parfois, mais j'ai tout ici. Mon amour, ma fille. Quatre ans d'amour, et un petit bout de chou de deux ans. Mes frères me manquent, souvent. Ils sont en France. Baptiste travaille dans un parc aquatique, du côté de Nice, il prend soin des animaux. Matthias, aux dernières nouvelles était en Egypte. Il est paléonthologue. Je suis heureuse pour eux, ils ont réalisé leur rêve. Nous avons tous quitté notre Bretagne. Enfin, pas tout à fait. J'ai toujours mon triskell autour du cou, et mon Gwenn Ha Du dans le salon. On n'est jamais trop prudent. J'ouvre les yeux, au son du cliquetis de la clé dans la porte, et me redresse. Sur le seuil apparaissent un grand blond, portant un sac de courses et une toute petite fille, blonde également. Une famille de blonds. Ma famille.

_ Eh bah la feignasse! Allez, debout ! Et aide-moi à ranger les courses!

Je lui souris et me lève, m'approchant de lui pour l'embrasser. A la place, je me détourne pour prendre ma fille dans mes bras, me recule et commence à monter l'escalier.

_ Je dois m'occuper d'Anna, à toi de ranger les courses!
_ Oh toi! Je me vengerai !
_ Moi aussi, je t'aime !


Je ris de ma feinte. Il devrait avoir l'habitude, je me débine tout le temps pour ranger les courses. Après avoir fait son bain à Anna, et l'avoir fait manger, puis couchée en lui chantant cette berceuse que ma re me chantait souvent, je me retrouve enfin seule avec Matthew, qui regarde un match de baseball. Je m'installe dans ses bras, et me love contre lui.

_ Décidément je comprendrai jamais rien à ce jeu...
_ C'est pas compliqué pourtant...
_ Je sais...Oh, le foot me manque ! Enfin, le soccer comme vous dites ici...
_ C'est nul, ça.
_ Oh que non! C'est génial. La dernière coupe du Monde, on l'a gagnée ! Enfin, la France a gagné.
_ Elle te manque, hein ? Ta Bretagne.
_ Oui, très. Mais c'était avant. Maintenant je suis ici, avec vous. Je n'aurais jamais imaginé mieux.
_ On pourrait partir là-bas, pour Noël...Tu verrais ta famille. Et Anna verrait ses grands-parents, ses oncles et ses cousins.
_ C'est cher, le voyage Matt' !
_ Je sais Chloé, mais on a des économies, et j'aimerais vraiment que tu revoies ta famille. T'es trop loin d'eux, tu le dis pas mais ils te manquent, ton pays te manque. Je te connais par coeur, je le vois dans tes yeux.
_ Mais euh...
_ Pas de discussion. Et puis, j'y suis jamais allé en France, moi, j'ai jamais vu ta Bretagne...
_ Merci, Matt' ! Je t'aime...
_ Je t'aime aussi.


Je l'embrasse. Vous savez ces baisers dans lesquels s'échangent des sentiments multiples. Des "merci", des "je t'aime", des "je te veux"...Ces baisers passionnés et enivrants, où l'on oublie tout. Vraiment tout. Ces baisers où vous savez que c'est Lui, et lui seul. L'an dernier, on s'est mariés à Las Vegas. Juste nous. Un weekend en amoureux dans les casinos et les hôtels grand luxe. Pas un mariage officiel. Juste pour marquer le weekend, et puis bon, aller à Vegas sans se marier, à quoi ça sert, vraiment ?
Ma
tthew et moi finîmes la soirée tranquillement, puis montâmes nous coucher. Enfin...Nous sommes montés dans notre chambre. Nous nous sommes réellement endormis, épuisés mais heureux, vers deux heures du matin. A cet instant, nous ne nous doutions pas que notre journée du lendemain nous serverait une bien mauvaise surprise. Des nouvelles d'un pays que j'ai quitté depuis si longtemps. Des nouvelles d'une famille que je n'ai pas vue depuis bien longtemps. Des nouvelles d'une enfance déjà si loin. Des nouvelles du bout du monde. Des nouvelles d'un passé presque oublié. Des nouvelles d'une autre vie.



Une nouvelle scène. 10 après LA discussion qui aurait dû tout changer. Je m'imagine vivre aux Etats-Unis, et être prof de Français. Mon rêve. Je m'imagine, à 28 ans, avoir trouvé le bon, et fondé une famille. A presque 30 ans, il serait temps. Et j'imagine avoir "oublié" mon passé. J'imagine que la France, et surtout la Bretagne me manquent (parce que c'est le cas à chaque fois que je n'y suis pas). J'imagine que quelque chose me fera revenir au pays, revenir aux sources. J'imagine tout ça.


© Chloé


# Postato mercoledì 28 maggio 2008 13:15

Modificato domenica 15 giugno 2008 19:44

Dreams May Not Come True

Dreams May Not Come True
Musique --> In My Arms - Plumb
Citation --> Il y a deux tragédies dans la vie. L'une est de ne pas réaliser ses rêves. L'autre est de les réaliser. George Bernard Shaw
Coup de Coeur --> x-So-Complicated-x


Sur une petite crique au pied d'une colline, les vagues s'écrasent sur le sable blanc. Des enfants sautent dans l'eau, des adultes jouent à la pétanque, des jeunes bronzent. Le soleil est au zénith, et la chaleur est étouffante. De l'autre côté du mont, un petit village d'à peine 500 habitants. Le son des cloches s'envole vers le ciel. A l'écart du petit bourg, une grande maison blanche slève parmi les arbres, entourée d'un immense jardin fleuri. Une dizaine d'enfants chahute dans le jardin, des petits comme des plus âgés. Une odeur sucrée leur parvient aux narines, et de grands sourires éclairent leur visage. Soudain, une sirène sonore et capiteuse brise le calme apaisant de leurs jeux. Les enfants portent leurs mains à leur visage, tentant vainement d'échapper à cette sonnerie entêtante qui ne fait qu'augmenter de volume et qui bourdonne dans leurs oreilles. Désormais, au bruit de cette sirène incessante, s'ajoute les pleurs d'un bébé, au loin. Les enfants se tordent de douleur sur la pelouse, le vacarme est insupportable.

_ Damned ! Who's on the phone, at this hour ?! Sh*t! Anna's awake now!

La voix rauque de Matthew et son geste brusque pour sortir du lit meveillent en sursaut. Sortie du sommeil, je comprends alors que le vacarme provient de chez moi. Le téléphone continue de sonner bruyamment, résonnant dans toute la maison, comme si les murs s'imprégnaient de la sonnerie répétitive. Je me lève doucement et descends les escaliers dans le noir. Une trop forte lumière m'éblouirait et je serais capable de tomber en avant. Le téléphone ne cesse de sonner, j'entends Matthew qui jure à l'étage, en calmant Anna. Je saisis violemment le téléphone.

_ Allo ?
_ Chloé ?
_ Baptiste...Tu peux pas appeler à une heure encore plus intelligente ?
_ Il est presque midi, euh...
_ En France oui, mais ici, il est presque 4h du matin, euh...
_ Ah merde, bah désolé, mais là, urgence !
_ Ah. Tu vas bien, toi ? Hey, tu sais quoi, à Noël, avec Matthew et Anna, on vient!
_ Tu vas devoir rentrer plus tôt, Chloé.
_ Pourquoi ça ?!
_ C'est Pauline.
_ Quoi, Pauline ?
_ Elle a eu un accident. Elle est dans le coma. Jérémy va bien. Jules était resté chez la nounou, donc il va bien aussi. Mais Pauline est dans un sale état. Elle a besoin de toi, Chlo'.
_ Mais, enfin, y'a personne là ?
_ Elle a besoin de toi, c'est Jérémy qui me demande de t'appeler.
_ M'enfin, ça fait plus de six ans que je l'ai pas vue !
_ Chloé, merde! Justement! On sait pas si elle s'en sortira ou pas, alors tu te ramènes illico! C'est ta cousine et elle a besoin de toi, t'es la seule qui compte réellement pour elle, alors bouge-toi!
_ Okay. On prend le premier avion. Tu viens me chercher à Paris ?
_ Ouais. Tiens moi au courant. Bisous!
_ Bisous...


Je reposai lentement le combiné sur son socle, et me laissai tomber dans le canapé. Les larmes me montaient aux yeux, et coulaient sur mes joues sans que réellement je ne m'en rende compte. Pauline. Tout avait été si compliqué pendant notre enfance. Elle était l'aînée des petits enfants, j'étais la deuxième. Petites, on passait notre temps ensemble. Et puis Pauline avait grandi, et mûri, bien trop vite. A 14 ans, elle passait déjà les repas de famille à table, avec les parents. Moi, de trois ans plus jeune, ça ne m'intéressait absolument pas, alors je quittais la table, Julie sur mes talons. C'est comme ça, je crois, que Pauline a été "écartée" du cercle des cousins. Nos gamineries ne l'intéressaient pas. Et puis Jérémy était entré dans sa vie, en Seconde. Il faut dire qu'elle était très belle. Je l'enviais souvent. Les cheveux d'un noir étincelant, des yeux étonnament clairs, bleus, ou gris. Les deux peut-être, je n'ai jamais pu me décider. Elle passait son temps avec Jérémy, nous oubliait un peu. Et puis un jour, je crois que je m'en souviendrai toute ma vie, sa grand-mère a fait une rupture d'anévrisme, et son grand-père s'est suicidé. Ronan, le père de Pauline, qui est aussi mon parrain, était venu la chercher au lycée, et j'avais vu ma cousine fondre en larmes dans ses bras. Moi aussi, j'avais pleuré. Je ne savais pas ce qui se passait, mais la voir dans cet état, même si l'on n'était pas proches, m'avait vraiment fait mal. Le soir, j'avais accompagné ma mère chez elle, et j'étais montée dans sa chambre. Elle était assise sur son lit, et je l'ai enlacée. On est restées comme ça quelques minutes. C'est ce jour-là que tout a changé. Avec Julie, on en parlait beaucoup. Pauline avait perdu ses grands-parents maternels, et elle ne s'entendait pas avec ses cousins. Il ne lui restait plus que nous. Plus que moi. J'avais grandi, et sûrement mûri un peu, et Pauline est revenue. On se confiait l'une à l'autre, aux repas de famille, elle quittait la table et montait à l'étage avec nous, rattrapait le temps perdu. Elle devenait une amie. On s'aidait mutuellement, pour les études, on se découvrait des choses en commun, que je n'avais pas forcément avec Julie. Bien sûr, jamais Pauline n'a pu prendre autant de place que Julie dans ma vie, jamais elle n'a pu rattraper tout ce temps passé à nous ignorer, jamais elle n'a pu se rapprocher de Julie, peut-être trop rancunière. Mais elle est revenue. Elle s'était rendue compte de l'importance de la famille, et des liens qui peuvent s'y nouer. Julie était ma soeur, Pauline était mon amie. Et puis le temps a passé, et je me suis envolée. Et aujourd'hui, je suis là, dans mon canapé, à pleurer toutes les larmes de mon corps, venant d'apprendre que cette amie, cette cousine perdue puis retrouvée et à nouveau perdue, est entre la vie et la mort à l'autre bout du monde. Matthew me rejoignit, Anna dans les bras. Sans un mot, il s'assit à mes côtés et me prit la main.

_ On va partir plus tôt...
_ D'accord.
_ Le plus tôt possible.
_ Oui.


Matthew se leva pour s'emparer du PC portable. Je pris Anna dans mes bras et l'embrassai sur le front. Mon bébé, si fragile. A cet instant précis, je réalisais ma bêtise. J'avais tenu ma fille à l'écart de sa famille. Loin de ses origines, loin de ses grands-parents. Je m'étais éloignée de tout ça, de ce monde qui m'oppressait, m'étouffait, et égoïstement, j'avais refait ma vie ailleurs, sans penser aux vies que j'allais bouleverser. Anna avait déjà deux ans, et n'avait jamais vu ses grands-parents. Je vivais avec Matthew depuis presque 4 ans, et jamais il n'avait rencontré mes parents. Moi-même, je n'avais vu mes frères que 5 fois en six ans. Presque une fois par an. Parce qu'ils étaient venus. Parce qu'ils faisaient la marche et les efforts pour venir me voir. Je n'avais pas vu mes parents depuis un peu plus de deux ans. Je les appelais de temps en temps, leur avais envoyé quelques photos de nous trois, mais jamais, en six ans, je n'étais retournée en France. Trop de souvenirs douloureux. Mon menton posé sur les doux cheveux blonds d'Anna et les yeux fixés sur la nuque hâlée de Matthew, je prenais de conscience de tout ça.

_ Demain. Enfin, tout à l'heure. A 10h56, heure locale. On arrive à 23h16, heure française.
_ Parfait.
_ Sûre ?
_ Oui. Merci...Baptiste viendra nous chercher.
_ T'inquiètes, ça va aller...


Je me levai, Anna désormais endormie sur mon épaule, et montai préparer les valises. Quelques heures plus tard, nous arrivions à l'roport, et embarquions, direction Paris. Direction le passé. Direction l'avenir. Je n'ai pas pu expliquer pourquoi en montant dans l'avion, le visage d'une petite brune aux yeux d'un noisette éclatant m'est apparu.




Une suite, un peu longue, peut-être, mais je souhaitais vraiment vous présenter les choses. Vu que je vous raconte un peu ma vie de famille, autant que vous en sachiez le maximum. Si vous êtes perdus, sur le premier article, j'ai mis une description de ma famille. Des cousins, du moins. Au tout début, la description que je fais dans mon rêve, c'est là où j'habite, je précise. C'est mon chez moi. Ma région, mon pays. La grande maison blanche, c'est celle de ma grand-mère. Voilà. Alors, que pensez-nous de la scène ? J'imagine que vous avez compris à qui le visage qui m'est apparu appartient...


© Chloé






# Postato lunedì 09 giugno 2008 16:45

Modificato giovedì 14 agosto 2008 06:29

Return To Me

Return To Me
Musique --> Tri Martolod, by Alan Stivell (Bretons mes amis, vous-mêmes vous savez)
Citation --> La vie est un magnifique mélange de triomphe et de tragédie. Un homme fait ce qu'il faut, en dépit des conséquences personnelles, en dépit des obstacles, des dangers, des pressions. Et ceci est la base de toutes les morales -- J.F. Kennedy
Coup de coeur --> Between-Death-And-Life




"Mesdames, messieurs. Notre avion à destination de Paris-Orly va bientôt atterrir. Nous vous prions de bien vouloir regagner vos places et d'attacher vos ceintures. Nous espérons que vous avez effectué bon voyage, et nous vous remercions de la confiance que vous accordez à notre compagnie."

La tête tournée vers le hublot, les yeux fixés sur les nuages translucides de la nuit parisienne, j'entamais ma descente vers un passé fui. Six longues années après, je revenais. Dans cette ville qui m'avait vu venir au monde, dans cette ville qui pendant longtemps m'avait paru être l'endroit où tous mes maux s'envoleraient. J'étais née en banlieue parisienne, et y avais vécu dix années. J'y avais grandi. Et un jour, il avait fallu déménager, tout quitter pour s'isoler dans la campagne bretonne. Mes parents avaient voulu retourner chez eux, s'installer près de là où ils étaient nés, retrouver leurs origines. J'avais eu beaucoup de mal à m'habituer à cette Bretagne vide, sans animation. J'y passais mes vacances, mais je ne me voyais pas y passer l'année entière. Mon sang breton me suffisait, pas besoin d'y vivre en plus. Alors la seule chose qui m'importait, était d'obtenir le Bac, et de repartir pour la capitale. Et puis j'avais grandi, mûri, et appris à aimer la Bretagne. Ce pays cerné par les vagues et l'écume salée, cette terre de légendes, ces falaises abruptes, ces tempêtes d'une violente beauté...Et le jour où j'ai dû partir, Paris ne m'intéressait plus. Je n'en voulais plus. Je voulais ma Bretagne. Mais j'y avais trop de souvenirs douloureux. Une adolescence tourmentée, beaucoup de déceptions et de regrets. Alors j'avais quitté le pays, pour mon rêve américain. C'était la Bretagne ou l'étranger. J'avais choisi l'étranger, et je n'étais jamais revenue. Jusqu'à aujourd'hui. A mesure que l'avion perdait de l'altitude, mon coeur prenait de la vitesse. Dans quelques minutes, un nouvel air allait s'engouffrer dans mes poumons. Dans mes bras, Anna ne semblait pas aussi préoccupée. Elle jouait avec ses cubes de plastique, et Matthew la taquinait en détruisant ce qu'elle construisait. Ils avaient tous les deux le sourire aux lèvres. Lorsqu'il fallût descendre de l'avion, Matthew prit Anna dans ses bras et passa son bras libre autour de ma taille, sans un mot, juste un regard. Qui en disait long. Je le remerciai du fond du coeur de ne pas me poser de questions, je n'avais pas la force de parler. Il savait ce que je ressentais, et Dieu sait que revenir dans le pays de son enfance après l'avoir fui pendant de longues années est très dur émotionnellement. Il était aux alentours de 23h, et l'aéroport d'Orly grouillait de monde. Comment allais-je retrouver mon frère ? Il avait sûrement bien changé depuis deux ans.

_ Chloé !

Quoique...

_ Bapt' !

Il était là. Le voir me mettait toujours dans tous mes états, et si j'étais contrariée, tous mes soucis s'envolaient à la vue de ce visage malicieux. Je courrai vers mon petit frère, qui était bien maintenant bien plus grand que moi et lui sautai au cou. C'était tellement bon de le revoir. Baptiste. Mon frère. On avait toujours é très complices. Malg nos presque quatre ans de différence, on s'entendait parfaitement bien. Certes, parfois il y avait des disputes, comme dans toute fratrie normalement constituée, mais elles ne duraient jamais bien longtemps. On ne pouvait pas ne pas se parler, et surtout, je nesistais ni à ses grimaces, ni à ses imitations diverses. Cela avait toujours été comme ça.

_ Et voilà la plus belle !

Baptiste prit Anna dans ses bras et lui chatouilla le bout du nez, avant de se tourner vers Matthew, et lui donner une acollade.

_ Hey, ça va toi ?
_ Fatigué, mais ça va oui.
_ Tu m'étonnes, 14 heures d'avion...On va passer la nuit à l'hôtel, on prendra un avion demain matin ?
_ Oh, ça marche pour moi, j'en peux plus, là!
_ Alors on fait comme ça!


Nous sortîmes de l'aéroport le regard épuisé, mais le sourire aux lèvres. Le vent frais de la nuit parisienne glissa dans mes cheveux, et je respirai enfin l'air de cette vie passée. L'air français. Mais bientôt viendrait l'heure d'emplir mes poumons de cet air qui m'avait tellement manqué, de cet air qui était dans le temps mon oxygène. Le retour aux sources promettait d'être douloureux et non sans émotions, mais à présent, j'étais en France, et je ne pouvais plus reculer. Un regard encourageant de Baptiste et la chaleur de la main de Matthew me redonnèrent la force de marcher jusqu'à l'hôtel.
Le lendemai
n, à la première heure, nous embarquions à nouveau, destination mon pays, mon coeur, mon âme. Mon âme perdue, délaissée, abandonnée. Mais je ne me sentais pas coupable. J'avais souffert, et j'avais fui. Bon, certes, c'était lâche, mais j'étouffais. Et aujourd'hui, je revenais, épanouie. Ou presque. Même aux Etats-Unis, même mon rêve réalisé, il y avait toujours ce petit vide en moi. En quittant la France, j'en avais comblé un énorme, mais un autre s'était formé, en quittant la Bretagne. En ce qui me concerne, la Bretagne n'était pas la France, et ne le sera jamais. C'était un pays à part entière, avec sa langue, et ses valeurs. C'était mon pays, j'étais bretonne avant d'être Française.
Une
bouffée d'émotions m'envahit en atterrissant à Brest, ce matin-là. Au sortir de l'aéroport, lorsqu'enfin, après plus de six longues années, je respirais à nouveau l'air de la mer, l'air de cette mer qui était mienne. L'air breton avait toujours eu une odeur particulière. Celle de la mer, celle des algues, celle de l'humidité permanente (je ne parle pas de pluie, mais bien d'humidité due au climat océanique, même lorsqu'il fait plus de 30 degrés à l'ombre), celle de l'herbe fraîche, celle des fleurs sauvages...Toutes ces odeurs remplissaient le même air, l'air breton. Si pur. Si bon. Quelques larmes me vinrent aux yeux, mais très vite, je les essuyais. Il était trop tôt pour craquer, Pauline avait besoin de moi. J'inspirai un grand coup, et montai dans le taxi qui nous attendait. J'y étais. A mesure que le taxi avançait, je redécouvrais cette ville de Brest. J'y avais beaucoup traîné avec Pauline lorsqu'elle était étudiante, et une dizaine d'années après, presque rien n'avait changé. Les remparts de Vauban qui protégeaient la ville étaient toujours debout, la rade était toujours remplie de bateaux, et du port, on apercevait toujours en face la Pointe des Espagnols, grande falaise de plus de 60 mètres de hauteur, au sommet et en bas de laquelle subsistaient encore les vestiges de fortifications militaires, fermant la rade de Brest. L'Océan Atlantique...En regardant l'horizon, j'apercevais presque les frontières de Philadelphie, nous n'étions finalement pas si loin...Mais tout ça n'était que dans ma tête. La réalité était que je vivais maintenant à l'autre bout du monde, de l'autre côté de cet Océan. Cet Océan qui séparait mes deux vies, cet Océan qui déchirait mon coeur. Mon Océan.




Mon retour en France. Mon retour en Bretagne. J'ai beaucoup évoqué mes sentiments dans cet article, par rapport à mon enfance/adolescence...Je ressens quelque part toujours ça. A 18 ans, on va dire que je suis en pleine crise. Ouais, on va dire ça comme ça...
J'ai beaucoup parlé de ma Bretagne, et c'est loin d'être fini...
Je sais pas ce que vous en avez pensé, de cette scène, de son contenu, de la Bretagne...
J'espère sincèrement que ça vous a plu.




# Postato giovedì 26 giugno 2008 10:05

Modificato martedì 12 agosto 2008 20:05